Guillaume APOLLINAIRE, Salomé

Alcools, 1913

Pour que sourie encore une fois Jean-Baptiste
Sire je danserais mieux que les séraphinsAnges de la première hiérarchie (représentés avec trois paires d'ailes).
Ma mère dites-moi pourquoi vous êtes triste
En robe de comtesse à côté du Dauphin


Quand je dansais dans le fenouil en écoutant
Et je brodais des lys sur une banderole
Destinée à flotter au bout de son bâton

Et pour qui voulez-vous qu'à présent je la brode
Son bâton refleurit sur les bords du Jourdain
Et tous les lys quand vos soldats ô roi Hérode
L'emmenèrent se sont flétris dans mon jardin

Venez tous avec moi là-bas sous les quinconces

Prends cette tête au lieu de ta marotteSceptre du bouffon, surmonté d'une tête grotesque. et danse
N'y touchez pas son front ma mère est déjà froid

Sire marchez devant trabantsHallebardiers des régiments suisses ; soldats de la garde des princes scandinaves. marchez derrière
Nous creuserons un trou et l'y enterrerons
Nous planterons des fleurs et chanterons en rond
Jusqu'à l'heure où j'aurai perdu ma jarretière






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