Aristide BRUANT, Le Chat Noir

Dans la rue, Chansons et monologues, 1889-1895

La lune était sereine
Quand sur le boulevard,
Je vis poindre Sosthène
Qui me dit : Cher Oscar !
D'où viens-tu, vieille branche ?
Moi, je lui répondis :
C'est aujourd'hui dimanche,
Et c'est demain lundi !

Je cherche fortune,
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
À Montmartre !
Je cherche fortune,
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
À Montmartre, le soir.

La lune était moins claire,
Lorsque je rencontrai
Mademoiselle Claire
À qui je murmurai :
Comment vas-tu, la belle ?
— Et vous ? — Très bien, merci.
— À propos, me dit-elle,
Que cherchez-vous ici ?

Je cherche fortune,
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
À Montmartre !
Je cherche fortune,
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
À Montmartre, le soir.

La lune était plus sombre,
En haut les chats braillaient,
Quand j'aperçus, dans l'ombre,
Deux grands yeux qui brillaient.
Une voix de rogommeVoix de rogomme. - Voix d'ivrogne ; voix enrouée et vulgaire.
Me cria : Nom d'un chien !
Je vous y prends, jeune homme,
Que faites-vous ? — Moi... rien...

Je cherche fortune,
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
À Montmartre !
Je cherche fortune,
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
À Montmartre, le soir.

La lune était obscure,
Quand on me transborda
Dans une préfecture,
Où l'on me demanda :
Êtes-vous journaliste,
Peintre, sculpteur, rentier,
Poète ou pianiste ?...
Quel est votre métier ?

Je cherche fortune,
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
À Montmartre !
Je cherche fortune,
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
À Montmartre, le soir.





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