Pierre-Jean de BÉRANGER, La Mort subite

Œuvres complètes de Béranger, tome premier, 1839

Air du ballet des Pierrots

Mes amis, j’accours au plus vite,
Car vous ne pardonneriez pas,
À moins, dit-on, de mort subite,
De manquer à ce gai repas.
En vain l’amour qui me lutineLutiner : Taquiner de façon espiègle. Harceler une femme de petites privautés par manière de plaisanterie.,
Pour m’arrêter tente un effort ;
Avec vous il faut que je dîne  :
Mes amis, je ne suis pas mort.

Mais bien souvent, quoique heureux d’être,
On meurt sans s’en apercevoir.
Ah  ! mon Dieu, je suis mort peut-être ;
C’est ce qu’il est urgent de voir.
Je me tâte comme SosiePersonnage de la comédie de Plaute Amphitryon, puis de celle de Molière (même titre). Le dieu Mercure lui ayant emprunté son apparence, Sosie finit par douter de sa propre existence. ;
Je ris, je mange, et je bois fort.
Ah  ! je me connais à la vie  :
Mes amis, je ne suis pas mort.

Si j’allais, couronné de lierre,
Ici fermer les yeux soudain ;
En chantant, remplissez mon verre,
Et de vos mains pressez ma main.
Si BacchusNom latinisé de Bacchos, autrement dit Dionysos, dieu de la vigne, du vin et de l'ivresse., dont je suis l’apôtre,
Ne m’inspire un joyeux transportVive émotion, manifestation d'un sentiment passionné. ;
Si ma main ne serre la vôtre,
Adieu, mes amis, je suis mort  !





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