José Maria de HEREDIA, Le Bain des Nymphes

Les Trophées, 1893

C'est un vallon sauvage abrité de l'EuxinEuxin. - Le Pont-Euxin. Nom donné dans l'Antiquité à la mer Noire, qu'on redoutait à cause de ses tempêtes violentes et imprévisibles.;
Au-dessus de la source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d'un pied craintif l'eau froide du bassin.

Ses compagnes, d'un bond, à l'appel du buccinBuccin. - Corne du bouvier, qui rappelle à lui ses troupeaux.,
Dans l'onde jaillissante où s'ébat leur chair blanche
Plongent, et de l'écume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose d'un sein.

Une gaîté divine emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé l'ombre.
Le Satyre ! ... Son rire épouvante leurs jeux;

Elles s'élancent. Tel, lorsqu'un corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux
S'effarouche le vol des cygnes du CaÿstreCaÿstre. - Fleuve d'Asie Mineure qui se jette dans la mer non loin d'Éphèse. L'Antiquité a souvent évoqué "les oiseaux, hôtes du Caÿstre, qui faisaient retentir de leurs chants les rives Méoniennes." (Ovide, Métamorphoses, II, 252).





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