Pierre de RONSARD, "Je songeais, sous l'obscur de la nuit endormie…"

Le Second Livre des Amours, Sur la Mort de Marie, 1578

Je songeais, sous l'obscur de la nuit endormie,
Qu'un sépulcre entrouvert s'apparaissait à moi :
La Mort gisait dedans toute pâle d'effroi,
Dessus était écrit : Le tombeau de Marie.

Épouvanté du songe, en sursaut je m'écrie :
"Amour est donc sujet à notre humaine loi !
Il a perdu son règneRègne. - Pouvoir, domination., et le meilleur de soi,
Puisque par une mort sa puissance est périe."

Je n'avais achevé, qu'au point du jour voici
Un passant à ma porte, adeuléAdeulé. - Affligé. de souciSouci. - Tourment.,
Qui de la triste mort m'annonça la nouvelle.

Prends courage, mon âme, il faut suivre sa fin,
Je l'entends dans le ciel comme elle nous appelle :
Mes pieds avec les siens ont fait même chemin.





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