Renée VIVIEN, Le Cygne noir






Sur les fjords, passaient, comme un nuage, des cygnes blancs.

Mais un jour, ils aperçurent dans leur nombre un cygne noir dont le bec était rouge comme du sang.

Voici que les cygnes tout blancs s'épouvantèrent de voir au milieu de leur troupe ce compagnon singulier.

Rassurés enfin, ils passèrent de la terreur à la haine.

Donc, ils assaillirent le cygne noir avec tant de haine, qu'il faillit périr.

Et le cygne noir se dit :

« Je suis las des cruautés de mes semblables, qui ne sont pas mes pareils.

« Je fuirai à jamais au fond des solitudes.

« Je prendrai l'essor et je m'envolerai vers la mer.

« Je connaîtrai le goût des brises du large. J'entendrai les grands cris de la tempête.

« Les flots tumultueux berceront mon sommeil, et je me reposerai dans l'orage.

« La foudre sera ma sœur, et le tonnerre, mon frère bien-aimé. »

Ayant entendu de très loin le bruit lointain des vagues, le cygne noir prit l'essor et s'envola vers la mer.

Mais l'ouragan le surprit et l'abattit et lui brisa les ailes...

 

Le cygne noir crut alors qu'il allait mourir sans avoir vu la mer.

Pourtant, il sentait dans l'air la bonne odeur des algues.

Les ailes brisées se soulevèrent dans un dernier effort...

Et le vent emporta le cygne mort jusqu'à la mer...





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