• Le théâtre au moyen âge

Les Pages savantes


Divagaisons



"Le Savoir est à l’Ignorance ce que l’Aigle royale est à la Drosophile honteuse."

SIPHON d’ELLÉBORE, Zoométrique fondamentale, 666,5 av. J.C.



Dès les premières années du moyen âge, on prit l’habitude de jouer à huis clos. C’est pourquoi, malgré les recherches entreprises par les plus grands savants, on ignore ce qu’était réellement ce théâtre.

Comme les salles étaient petites, il y venait peu de monde. La plupart des spectateurs étaient des gens d’église. Les autres étaient presque tous des À la fin de la période, en raison d'une évolution des mœurs et de la conjoncture, les cordonniers laissèrent la place aux ferblantiers et aux ferrailleurs. Le théâtre ne s'en porta pas plus mal.. On interdisait l’entrée aux femmes. Aujourd’hui, ces usages nous paraissent incompréhensibles. C’est la raison pour laquelle nous donnons aux spectacles du moyen âge le nom de mystères.

Évoquons les œuvres les plus significatives.

Il y a, d’une part, le beau Le Manche, ainsi nommé parce qu’il n’a qu’un bras, aime la Cognée, une jeune fille devenue folle en raison d’une chute qu’elle fit à l’âge de douze ans. Les amants se retrouvent chaque soir dans les bois pour se parler tendrement tout en cherchant des lucioles. Ce sont les trois premiers actes. Jusque là, tout va bien. Un soir, ils rencontrent Satan déguisé en retraité des Eaux et Forêts. Ils éclatent de rire. Satan se vexe, il frappe du pied le sol, le sol s’ouvre, on voit des profondeurs béantes. C’est l’Enfer. Fin du quatrième acte. Satan saisit les amants par les mollets, et il les jette dans le trou. C’est affreux. Au dénouement, tout s’arrange. Les amants sont sauvés. On s’aperçoit, en effet, que Satan a commis une erreur en jetant la Cognée avant le Manche. . Une réussite à tout point de vue.

D'autre part, le Claustrophile est un cénobite. Il l’a voulu, il s’y est fait. Toute la journée, il prie dans sa cabane de bambou en se curant le nez. Un jour, ses doigts restent coincés, un dans chaque narine. Claustrophile décide d’aller en pèlerinage du côté d’Étretat, qui s’appelle, dans ce temps-là, Saint Jacques de Compostelle. Il traverse mille dangers et, plus d’une fois, il doit affronter les Sarrasins, qui sont les Bolchéviques de l’époque. Il parvient sain et sauf à Étretat. C’est un miracle, dit-on dans la modeste basilique. Claustrophile devient célèbre pour être arrivé jusque là les doigts dans le nez.. Une œuvre rare, à ne pas manquer.

Le dernier mystère que nous mentionnerons ici est, de loin, le plus mystérieux. Il s’intitule Histoire de la Passion de notre seigneur Jacquemart Tiburdoncle Le Dérangé. Cette œuvre étrange est signée par douze auteurs, et écrite en vers. Chose stupéfiante, elle comporte en réalité un seul vers, qui se décompose, croit-on savoir, en six cent dix-sept parties, chacune des parties constituant la réplique d’un acteur particulier.

Voici ce vers :

Ténébreux, je rotule, et nous claquons du mièvre.

Depuis dix siècles, les Citons entre autres sommités: Avicenne, Newton, Galilée, Tabarin de Tabaron ; puis la comtesse de Ségur, son époux le comte soi-même, et sa chienne savante, la chère petite levrette qu'elle surnomma, ô combien plaisamment, lady Douchkatastrovna. les plus fortes se sont brisées sur cet écueil, tant il est dangereux de naviguer trop près des phrases sibyllines.





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