• La poésie au temps de François Villon

Les Pages savantes


Divagaisons



"Le Savoir est à l’Ignorance ce que l’Aigle royale est à la Drosophile honteuse."

SIPHON d’ELLÉBORE, Zoométrique fondamentale, 666,5 av. J.C.



Le jour où je suis né,
Mon père a déjeuné
D’un œuf assaisonné
De poivre et de henné
Qui l’a empoisonné.

Le ciel était plus gris
Qu’un ventre de souris
Quand je me suis épris
D’un museau de Paris
Qui ne m’a pas compris.

J’avais un bon voisin
Natif du Limousin
Qui se fit sarrasin,
Ouvrit un magasin
Et vendit son cousin.

(…)

Je m’en irai tout nu,
Solitaire et chenu,
Par la
Elle est située, à Paris, entre l'Esplanade des Invalides et la Place des Quinconces.
Sans m’être souvenu
Qu’un jour je suis venu.

 

Ainsi commencent les Strophes Mélancoliques d’Eustache Laminel, le plus Ce poète mérite néanmoins de retenir un instant notre attention. D'autres ont beaucoup écrit qui ont vécu moins longtemps. C'est une chose bien singulière qu'un poète chez qui l'inspiration n'a rien à voir avec la longévité. L'inverse est moins surprenant, en principe. (Je ne suis pas certain de me rendre ici parfaitement intelligible.) des contemporains de François Villon. Un fort poète, cependant. C’est lui qui se réincarna en Ravaillac et souffla la recette de la poule au pot à Henri IV avant de l’assassiner en poussant des cris de rage. Il fut le premier poète maudit, notamment par sa sœur Eulalie chez qui il vécut pendant cinquante-deux ans. Il inventa la poésie lyrique avant tout le monde, en essayant de tracer la courbe de sa destinée. Il repose, sur le flanc gauche, au Cimetière des Innocents.





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