• Beaumarchais en campagne

Les Pages savantes


Divagaisons



"Le Savoir est à l’Ignorance ce que l’Aigle royale est à la Drosophile honteuse."

SIPHON d’ELLÉBORE, Zoométrique fondamentale, 666,5 av. J.C.



Encore enfant, Beaumarchais sentit qu’il était né pour le théâtre et non pour la sorcellerie, à laquelle sa nourrice Élodie tâchait de le convertir.

« Fi donc, ma mie, disait-il chaque fois qu’elle le remettait sur ce chapitre. Eh ! laissons là vos stryges, vos goules et vos larves. Il n’est point bon de repaître un nourrisson de ces sottes croyances, qui ne sont que bourdes et calembredaines à l’usage des vieilles filles sans cervelle auxquelles, ces derniers temps, vous avez tort de vous acoquiner. »

Beaumarchais était un nourrisson savant.

« Mais, répliquait la mie, encore faut-il qu’on vous entête de quelque chose qui ne soit pas vain comme le vent du soir. Que vous semble du Moine Bourru ? Sans façon ? Et des Vampyres ? Pas davantage ? Et donc alors des Loups Garous ? »

« Fi, insistait Beaumarchais, fi des Garous et des Vampyres ! Et fi des Moines, fussent-ils Bourrus ! »

Les années passant, Fi-des-Garous-et-des-Vampyres devint la devise de Beaumarchais.

En son âge mûr, il la simplifia. Fi-des-Garous pouvait suffire. Puis Fi-Garous lui sembla plus vif. Dans son théâtre, il fit paraître un personnage savoureux qui parlait à sa place, et qui prit justement le nom de Figarous.

Le succès ne se fit guère attendre. On disait de Beaumarchais qu’il était toujours en campagne. On acclamait en lui l’Ennemi des Fariboles et des Faridondaines. On ne comprenait pas tout, mais on lui faisait confiance.

Élodie, devenue bien vieille, aurait voulu qu’il songeât à remplacer l’évêque local. Elle intriguait encore quand Beaumarchais mourut. L’évêque allait alors sur ses cent dix-sept ans.





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