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Divagaisons

"Justice aux oubliés."

Le Maréchal SOUBIROUS

• N

Les Homonymes


NOAILLES (Félicia de) – Cette artiste subtile était la fille d’un adjudant-major et d’une écuyère à pompons servant tous deux dans la garde d’honneur du chah de Birmanie. On serait presque étonné que cette enfant ait connu le succès dans son grand âge. Elle a produit, par exemple, de fort touchantes Complaintes dont voici la première :

La nuit touche à ma porte :
Un souffle, un tremblement !
Si j’étais assez forte,
Oh ! je saurais comment
Aller dans les étoiles,
Au bout du firmament !
Jetons, jetons nos voiles !
Oh ! viens, prince charmant !


NODIER (Raoul) – Auteur de nombreux contes ferroviaires qu’il rassembla dans ses Doux échos du ballast, cet ancien cheminot fut un vrai poète. On lit toujours avec plaisir ses Chastes chroniques d’un aiguilleur et ses Doux échos du ballast, d’où nous tirons l’exemple qui suit :

LE HUIT HUIT QUARANTE-DEUX
« Passera-t-il jamais, ce diable de Huit huit quarante-deux ? » se demandait une fois de plus Perdican Boulassier, le nouveau garde-barrière du PN 17 situé juste après le Bois des Torchères. Depuis trois mois qu’il avait emménagé dans la jolie petite maison toute rouge avec des volets tout blancs, il attendait, chaque jour, et le temps lui semblait trop long. D’autres trains circulaient conformément aux horaires officiels, et dans le bon sens encore, et puis à la vitesse prescrite. Le diable de Huit huit quarante-deux, lui, se faisait toujours attendre. On aurait dit qu’il y prenait un malin plaisir. C’était à y perdre la tête.

Un matin de mai que la campagne était en fleur, survint un voyageur dont l’aspect singulier irrita Perdican Boulassier.

– À quelle heure, le Huit huit quarante-trois ? demanda ce voyageur vêtu de noir, de vert, de jaune, le tout jeté n’importe comment.

– Après le Huit huit quarante-deux, je suppose, ronchonna Perdican Boulassier. Cela dit, si vous voulez prendre un train, vous feriez bien de vous rendre à la gare la plus proche.

– On m’a envoyé ici, reprit le voyageur. Les trains passent donc quand ils veulent ? Quel désordre ! Et c’est comme ça depuis toujours ?

– Depuis toujours, confirma mollement Perdican Boulassier. Quoique tout de même, en principe, le Huit huit quarante-deux, lui, passe toujours à l’heure.

Le voyageur s’éloigna sans insister. Il marchait la tête basse, les mains dans le dos, et on l’entendait vaguement ricaner tandis qu’il marmonnait d’une voix de ventriloque :

– Toujours à l’heure, c’est ça… Mais oui, mais oui, c’est ça… Toujours à l’heure, toujours, le Huit huit quarante-deux…

NOTHOMB (Belle-Marie) – N’a écrit qu’un livre, Hygiène du petit poussin, qu’elle a longuement médité durant les études qu’elle suivait à l’École Vétérinaire, et qu’il faut avoir lu sans se laisser distraire. Il a plusieurs fois changé de titre, au fil des éditions successives, sans cesser de traiter le même sujet. L’Académie lui a décerné le Prix de l’Endurance et celui de la Continuité.






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