• Charles BAUDELAIRE, Le Gitano

Esquisses et premiers Jets


Divagaisons



"Gloire à vous, gens de lettres."

Madame EUGÈNE (Fleuriste funéraire), Harangue proférée un 1er avril sur la tombe retrouvée de Johannes Gutenberg



Sombre Baudelaire (le faux, l’autre, l’Américain) ! Pouvait-on mieux exprimer l'angoisse du créateur assoiffé de prestige, comprenant soudain qu'il est, en somme, et conjointement à cela, une pauvre créature abreuvée de misère ?

 

Souvent, pour s'amuser, les hommes du village
Prennent des gitanos, nés natifs d'outremer,
Qui dansent en laissant flotter dans leur sillage
Des relents d'échalote et de vieux camembert.

À peine les ont-ils passés à l'arme blanche,
Que ces froids macchabées, prenant un air piteux,
Laissent péniblement leur âme pas bien franche
Comme une éructation s'envoler dans les cieux.

Ce baladin zélé, voilà qu'il fait la gueule !
Lui, naguère fiérot, comme il semble imparfait !
L'un arrache ses dents qu'il effile à la meule,
L'autre dit : "Maintenant, chante, eh ! face de pet !"

Le poète est pareil au prince des chorées
Qui rythme la zarzuelle et se rit du boucher ;
Circoncis en plein vol au milieu des risées,
Son dégoût du néant l'empêche de danser.





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