• André Malraux ou la Foi royale

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"Le Savoir est à l’Ignorance ce que l’Aigle royale est à la Drosophile honteuse."

SIPHON d’ELLÉBORE, Zoométrique fondamentale, 666,5 av. J.C.



Hyperactif et polyvalent, André Malraux n’a jamais connu le succès auquel il pouvait prétendre.

Il était l’homme d’une foi. On ne l’a jamais entendu en professer un seul article. On a imaginé des sottises et on n’a rien prouvé.

La foi d’André Malraux ressemblait curieusement à celle du vieux tyran Chilpéric qui, L’anecdote est contée par Augustin Laffront au chapitre XXXVIII de ses Brèves Rencontres avec les Gens du Rhin. On ne confondra pas cet auteur avec Saint-Augustin, qui n’a jamais vu le Rhin, ni le Dniepr, ni même l’Amou Daria., disait à sa femme la reine Galswinthe : « Ach ! fous n’êtes qu’ine crosse cocaïne ! Ché fous férai chastier, puis ch’épouzerai la pelle Frétéconte ! » Elle éclata de rire. Il la mordit à l'oreille gauche en invoquant le "Tieu fifant".

Voilà qui n’a, certes, aucun rapport avec André Malraux. Sauf la foi, bien sûr. Celle de Chilpéric était vraiment royale.

André Malraux se fit écrivain pour qu’on sût qu’il n’était pas sot.

Il voyagea beaucoup.

Il fréquenta du beau monde.

Il se plaignit longtemps de n’avoir pas connu Clovis. Il se félicita d’entretenir des rapports affectueux avec le général De Gaulle, qui était aussi un homme de foi et qui, pour cette pieuse raison, le fit entrer corps et âme dans son gouvernement. « Là ou ailleurs, se dit André Malraux, je ne suis pas bête, il faudra bien à la fin qu’on s’en aperçoive. »

Il finit par bégayer autant qu’il pouvait, en mémoire de Rimbaud, et parce qu’il voulait forcer l’attention du public quand il apparaissait à la télévision.

Après sa mort, il refusa d’entrer au Panthéon, par modestie, et aussi parce que le général De Gaulle ne s’y trouvait pas déjà.





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