Joséphin SOULARY, Dans la rue

L'Affût au raisonnement, La Chasse aux Mouches d'or, 1876






Dans la rue affairée où le matin ramène
Les damnés du labeur et les bruits de l'enfer,
À travers ces martyrs de l'âme et de la chair
Je passe, en déplorant la destinée humaine.

Ils sont là, tous, marqués au front d'un sceau de fer !
La nuit, douce aux heureux, n'a fait qu'aigrir leur peine,
Et le réveil les rend moins au jour qu'à la haine,
Ces jaloux d'aujourd'hui, ces envieux d'hier.

De son rêve obsesseur l'homme a gardé la fièvre ;
Le juron contenu qui soulève sa lèvre
À la face du ciel crache insulte et mépris.

Sa femme, cependant, l'œil cerné, le teint blême,
Gagne des réduitsRéduit. - Petit logement retiré ; retraite. noirs où, Dieu sait à quel prix,
Le Travail affranchit son ventre du blasphème.





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