Jules LAFORGUE, Dans la rue

Poèmes inédits, 18**






C'est le trottoir avec ses arbres rabougris.
Des mâles égrillards, des femelles enceintes,
Un orgue inconsolable ululant ses complaintes,
Les fiacres, les journaux, la réclame et les cris.

Et devant les cafés où des hommes flétris
D'un œil vide et muet contemplent leurs absinthes
Le troupeau des catins défile lèvres peintes
Tarifant leurs appas de macabres hourisHouri. - Beauté céleste que le Coran promet au musulman fidèle dans le paradis d'Allah..

Et la Terre toujours s'enfonce aux steppes vastes,
Toujours, et dans mille ans Paris ne sera plus
Qu'un désert où viendront des troupeaux inconnus.

Pourtant vous rêverez toujours, étoiles chastes,
Et toi tu seras loin alors, terrestre îlot
Toujours roulant, toujours poussant ton vieux sanglot.





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Pierrot fumiste

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