Tancrède MARTEL, Tuileries d'automne

Les Poèmes à tous crins, 1887






Adieu la dame en noir foulant d’un pied mutin
L’allée où les marmots bruyants ont leur parlotte !
Il fait froid ; les rentiers ont mis une calotte
Avant de déplier le journal du matin.

Le bon vieux décoré, qui traduit du latin,
S’arrête autour du grand bassin, dont l’eau clapote
Tristement. Les gardiens ont passé leur capote ;
À peine un promeneur, ou deux, dans le lointain.

Le jardin, délaissé, s’est rempli de mystères.
Au loin, résonne un bruit d’éperons militaires ;
– Réalisme qui rend le rêveur mécontent ; –

Et ce gros marronnier dont une branche craque,
Semble déjà gémir sur le sort qui l’attend :
L’an prochain, des soldats en feront leur baraque.





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