Tancrède MARTEL, L'Éléphant du Cirque

Les Poèmes à tous crins, 1887






Son œil malicieux semble dire à la foule
Que pour elle il n'aura jamais que du dédain ;
Et sa rugueuse trompe, appendice badin,
Médite vaguement le larcin d'une poule.

Sur son dos, où l'Indou s'accroupissait en boule,
Un singe, mauvais clown et triste baladin,
Danse, affolé de peur, amusant un gandin
Dont la place plutôt serait à la Bourboule.

L'éléphant, philosophe ingénu mais profond,
Ne daigne s'émouvoir des grands gestes que font
Quelques voyous venus pour railler ses allures ;

Et du macaque ému devinant le secret,
Comme il sait pratiquer le mépris des injures,
Il marche lentement, d'un air probe et discret.





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