Nina de VILLARD, Tristan et Iseult

Feuillets parisiens, 1885






ISEULT

Ô timide héros oublieux de mon rang,
Vous n'avez pas daigné saluer votre dame !
Vos yeux bleus sont restés attachés sur la rame.
Osez voir sur mon front la fureur d'un beau sang.

TRISTAN

J'observe le pilote assoupi sur son banc,
Afin que le navire où vient neiger la lame
Nous conduise tout droit devant l'épithalameÉpithalame. - Poème composé à l'occasion d'un mariage, en l'honneur des nouveaux mariés..
Je suis le blanc gardien de votre honneur tout blanc.

ISEULT

Qu'éclate sans pitié ma tendresse étouffée !
Buvez, Tristan. Je suis la fille d'une fée ;
Ce breuvage innocent ne contient que la mort.

TRISTAN

Je bois, faisant pour vous ce dont je suis capable.
Ô charme, enchantement, joie, ivresse, remordRemord. - Remords (licence poétique). !
Je renferme l'amour, ce breuvage coupable.





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