François MAYNARD, Vers spirituels, Sonnet X

Œuvres poétiques de François de Maynard, Tome premier, 1613






À quel point de malheur me trouvé-je réduit ?
Je vois mon bien reluire au-delà du rivage
De ce monde pipeur, et faute de courage,
Esclave de péché je croupis dans la nuit.

Je connais qu'à tout point mon âge se détruit,
Que mon frêle vaisseau approche du naufrage ;
Sur mon coupable chef je vois fondre l'orage :
Et je ne crains pourtant l'ennemi qui me suit.

Si pour voler au ciel je mets au vent mes ailes,
Une plage les mouille, et les pointes nouvelles
De ma dévotion se rebouchent soudain.

Las ! faut-il que vaincu de ces craintes mutines,
Qui m'empêtrent encor en ce charme mondain,
Je délaisse les fleurs pour crainte des épines !





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