Honoré d'URFÉ, Clorian parle au vent

L'Astrée, IIème Partie, Livre 3, 173, 1610-1621






Doux Zéphyr que je vois errer folâtrement
Entre les crins aigus de ces plantes hautaines,
Et qui, pillant des fleurs les plus douces haleines,
Avec ce beau larcin vas tout l'air parfumant,

Si jamais la pitié te donna mouvement,
Oublie en ma faveur ici tes douces peines,
Et t'en va dans le sein de ces heureuses plaines,
Où mon malheur retient tout mon contentement.

Va, mais porte avec toi les amoureuses plaintes
Que parmi ces forêts j'ai tristement empreintes,
Seul et dernier plaisir entre mes déplaisirs.

Là tu pourras trouver sur des lèvres jumelles
Des odeurs et des fleurs plus douces et plus belles :
Mais rapporte-les-moi pour nourrir mes désirs.





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