Remy BELLEAU, "Depuis que je baisai..."

Œuvres complètes, Tome I, réed. 1867






Depuis que je baisai ta bouche vermeillette,
Et que je suçotai le petit bout moiteux
De ta langue sucrée, et tâtai bienheureux
L'ivoire doux poli de ta cuisse douillette :

Depuis je n'eus repos, une flamme secrète
Aussitôt dans mon âme écoula par les yeux,
Et de soupirs ardents un escadron venteux
Près d'elle se campa pour servir d'échauguette.

Qui dormirait, mon Cœur, nourrissant dedans soi
Tant d'ennemis ensemble, ainsi que dedans moi
Sans trêve nuit et jour je nourris misérable ?

Mais sachant bien, mon Cœur, que sous votre bonté
Vous ne cachez rigueur, dédain ni cruauté,
J'espère qu'à mon mal vous serez secourable.





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