Gérard d'HOUVILLE, Le Papillon






Lorsque, par ces jours purs dont se pare septembre,
Dans quelque bois, doré d'un suprême rayon,
Tu vois, dans l'air plus frais, couleur de rose et d'ambre,
Étinceler le vol d'un dernier papillon,

Il est plus précieux à ton âme attendrie
Que tous les papillons de la chaude saison ;
Il est prince d'automne et de mélancolie,
Comme l'atteste à tous l'émail de son blason.

Ah ! s'il se pose, il faut te courber sans le prendre
Sur ce livre entr'ouvert, céleste et décevant ;
Chaque aile est une page impossible à comprendre,
Un grimoire secret que feuillette le vent.

Apprendras-tu le sens des divins caractères
Qui composent les mots les plus mystérieux
Et qui furent séchés avec cette poussière
Qui teindrait d'un or brun tes doigts audacieux ?

Ne salis pas ta main de la vivante cendre
Du rêve, ou de l'amour plus fugitif encor ;
N'abîme pas son aile. Il ne faut pas étendre
Au cercueil de cristal son immobile essor.

Et pour récompenser, ô sage, ton attente,
Devant ce papillon que tu pouvais saisir,
Déjà, d'une aile d'ombre et de parfums t'évente,
Le grand sphinx ténébreux de l'éternel désir.





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